Les centres multimédias communautaires
Conçus à la fin des années 90, les Centres Multimédias
Communautaires participent des efforts de l’UNESCO pour réduire la
fracture numérique et mettre les Technologies de l’Information et de la
Communication au service du développement des communautés marginalisées.
L’originalité des CMC réside dans le fait qu’ils constituent une
plate forme unique qui intègre la radio communautaire et un centre d’accès
communautaire qu’i s’appelle télécentre, centre de ressources, cyberespace
pour permettre aux communautés démunies de se familiariser avec les TIC et
de les utiliser pour résoudre les problèmes auxquels elles sont
confrontées.
Des expériences menées en Asie et en Afrique et dans les Caraïbes
ont permis de démontrer que les CMC pouvaient aider à surmonter les
obstacles liés à la faiblesse des infrastructures et des moyens
financiers, à la forte prévalence de l’analphabétisme pour permettre à la
majorité des populations d’accéder aux TIC et de bénéficier de toutes les
opportunités qu’elles offrent. C’est pourquoi, l’UNESCO appuyée par
l’Agence Suisse pour le Développement et la Coopération s’est engagée
pour diffuser à grande échelle les CMC dans 3 pays : le Mali, le
Mozambique et le Sénégal.
Au Sénégal, l’affirmation d’une claire volonté politique
d’accélérer le développement des TIC et des téléservices en particulier et
d’appuyer le développement des radios communautaires, l’existence d’une
bonne infrastructure de télécommunication, la présence d’un important et
dense réseau d’organisations sociales, professionnelles communautaires
sont autant d’atouts pour une implantation à grande échelle des CMC dans
notre pays.
Le 12 octobre 2004, le gouvernement du Sénégal et l’UNESCO ont
signé le Plan d’opération du projet de passage à grande échelle des CMC.
Le projet vise à doter le Sénégal d’un réseau de 20 CMC en deux ans et par
ce biais de :
- contribuer à réduire la fracture numérique ;
- faciliter l’accès et l’appropriation des TIC par les communautés ;
- contribuer à réduire la pauvreté en permettant aux populations de
résoudre les problèmes de développement auxquels elles sont confrontées ;
- renforcer les capacités des populations.
Les possibilités et produits d’un CMC
Le CMC est une structure qui combine et articule dans le même
espace la radio communautaire et les centres d’accès communautaires à
Internet télécentres, centres de ressources, cyberespaces. Il est composé
d’une radio, (le plus souvent une « valise-radio »), et d’un cyberespace
disposant d’ordinateurs reliés à Internet.
En créant une passerelle directe entre la radio, outil de
communication de masse et Internet, le CMC facilite l’accès des
communautés surtout pauvres et marginalisées aux formidables ressources
des technologies de l’information et de la communication. Des domaines
tels que : le développement agricole, la santé et VIH/SIDA, l’économie,
l’environnement et l’assainissement, les situation des femmes, des jeunes,
des personnes handicapées, la gouvernance locale, le patrimoine culturel
et artistique seront au centre des activités des CMC.
Dans un CMC, la radio communautaire peut aider à initier le grand
public aux TIC, offrir un accès indirect de masse aux informations en
ligne et de faire participer la communauté, même analphabète à l’accès, à
la collecte et aux échanges d’informations.
Dans un CMC, les services offerts par le télécentre (navigation,
courrier électronique, stockage et traitements de données, production
multimédia, etc.) permettent en retour à la radio communautaire d’enrichir
le contenu de ses émissions, de diversifier son offre de programme et
d’impliquer les populations dans l’animation de la radio.
Dans un CMC, des services payants peuvent aider les membres de la
communauté à se former, à gérer leurs activités, à trouver de nouveaux
débouchés, à mieux rentabiliser leurs activités économiques grâce aux
prestations offertes sur place.
Les CMC auront donc une fonction de :
- diffusion de l’information
- accès à l’information
- production de contenus adaptés
- prestations de services
- formation des acteurs locaux et des parties prenantes
- mobilisation de ressources
- développement de partenariats.
Implantation et critères de sélection des sites des CMC
Tout en cherchant à garder un certain équilibre entre les
différentes régions du pays dans l’implantation des CMC, le projet
privilégiera les zones rurales et périurbaines les plus affectées par la
pauvreté et l’isolement.
Les critères suivants seront tenus en ligne de compte pour le choix
des sites d’installation des CMC :
- Etre une radio, un télécentre, un centre de ressource TIC ou
Centre Culturel Régional, un Centre de Lecture et d’Animation Culturelle,
une structure multimédia socioéconomique ou un projet de radio
communautaire
- Etre l’émanation d’une organisation, d’une collectivité locale
-Être bien implanté dans la communauté et avoir une capacité de
mobilisation communautaire
- Etre porteur de dynamique économique, sociale et culturelle
- Prendre en compte les besoins des femmes et des jeunes
- Etre capable de saisir les besoins des populations en informations et
TIC et d’y apporter une réponse
- Etre prêt à assurer la contribution des communautés
- Avoir atteint des résultats conséquents et/ou avoir un potentiel
d’évolution
- Etre disposé à fournir une étude de faisabilité technique et économique
du CMC.
Les parties prenantes du projet
- L’UNESCO
- Le Gouvernement du Sénégal
- La Coopération Suisse au Sénégal
- Les collectivités locales
- Les organisations communautaires de base, les organisations de la
société civile
- Les projets de développement
- Le secteur privé
La mise en œuvre
La mise en œuvre du projet de passage à grande échelle des CMC se
fera sur une période de deux ans répartie en 3 phases au cours desquelles,
les 20 CMC seront progressivement installés.
- La phase I d’une durée de 6 mois devrait enregistrer la mise en
place d’au moins 5 CMC
- La phase II d’une durée de 12 mois devrait voir l’installation de 10 CMC
- La phase III d’une durée de 6 mois devrait finir avec la mise en place
des 5 CMC restants.
Les organes chargés du management et du suivi
Au niveau national :
- Un Comité de coordination,
- Un Comité de pilotage national,
- Un Groupe de travail des partenaires internationaux,
- Une Equipe de projet.
Au niveau local :
- Un Comité de pilotage local,
- Un Comité de gestion du CMC,
- Un Gérant responsable direct du CMC.
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